J’ai longtemps ignorer comment te jouer, longtemps ignorer sur quelles valeurs m’appuyer, sur quelle pensée danser. Je ne savais d’où prendre élan, d’où me calmer pour te regarder et t’écouter chanter, j’ai pourtant toujours cru entendre tes conseils répéter avec tranquillité, tendresse et générosité.
J’ai fini par découvrir, d’errances singulières aérées de contritions, la charge d'un regard biaisé par l’affront de la séparation, le pardon de se grandir dans l’inévitable banalité de se vouloir cacher, aux yeux de qui nous voit nu, à un moment ou à un autre, au secours du vécu. J’ai aimé te voir essayer de me ramener et me croire fier de t’en empêcher, j’ai aimé te voir insister et oser me dérober encore à ton soutien cordé, je n’ai pas aimé devoir reconnaître ce qu’il me coûtais de tout faire durer, entêté, à chercher la décision de te retrouver, surtout traverser la honte d’avoir tant tarder, et me sentir digne de te revoir comme je ne m’étais jamais vu, plutôt oublié, le regard droit, émerveillé.
Toi, égale, tu m’as toujours su, discrètement, paisible et consciente qu’à toi tout fini par revenir en son temps, le vivant, la retrouvaille, la reconnaissance et la foi. J’ai par ton emploi, l’inspiration de vertus viscérales, le panache sidéral, fleurissant le potentiel dément de t'être aimant, confondu fondant dans la rencontre de l’avènement édifiant continûment ton firmament. J’en dérive de poésie ardente pour honorer ce sentiment, cet espace pénétrant qui me comble a l’instant, le regard ouvert sur l’esprit dudit vain que respire tout l’être, et qui m’invite à exister tranquillement, là, présent, entre la mémoire et l’imagination, le sommeil et la vitalité, entre le silence de l’univers et la parole d’un monde.
J'aurais pu vivre une vie entière sans prendre garde à toi, ma joie, qui m'invente sans crier gare ni coup férir...